Moby Dick -l'oeil du cachalot
Moby Dick en résumé :
Attiré par la mer et le large Ismaël décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le un baleinier le Pequod commandé par le capitaine Achab avec son nouvel ami Queequeg. Ismaël se
rend vite compte que le bateau ne chasse pas uniquement pour alimenter le marché de la baleine.
Achab recherche Moby Dick, un cachalot blanc d'une taille impressionnante, qui lui a arraché une jambe par le passé. Achab emmène son équipage dans un voyage autour du monde à la poursuite du cachalot dont il a juré de se venger. Le Péquod finira par sombrer en laissant Ismaël seul survivant, flottant sur un cercueil.
Le projet :
Elaborer une adaptation scénique du roman Moby Dick avec des complicités scientifiques.
Le résultat sera un spectacle en salle frontal incluant jeu, théâtre d'objet, origamis, musique, illustrations et exposition pédagogique sur les cétacés.
Soutiens et coproductions :
- Faculté des Sciences de Montpellier
- Service art & culture de l'Université de Montpellier
- Théâtre Gérard Philipe et Ville de Montpellier
- Filature du Mazel (30)
Note d'intention
Nantucket, Massachusetts, vers 1840.
Un désir de grand large conduit Ismaël à embarquer comme matelos sur le Péquod.
Un baleinier qui a pour capitaine Achab, dont la jambe a été broyé par un cachalot « monstrueux » : Moby Dick.
Si Ismaël est le narrateur, les deux héros de l’histoire sont bien le cachalot et le capitaine, lancés tous deux dans une course à la vengeance.
Car l’homme et l’animal sont tous les deux sujets, l’un monté contre l’autre et c’est cette notion de sujet qui m’a intéressée chez Moby Dick.
La rencontre artiste-scientifique
Aurélie Célerier, enseignante chercheuse au CNRS et à l'Université des sciences de Montpellier, chercheuse en écologie comportementale a bien voulu accompagner ce projet de son regard scientifique. Nous sommes parties sur un partage des connaissances et un enthousiasme à mettre en commun et en comparaison nos façons de travailler et d'aborder le sujet Moby Dick.
Sujet, parlons-en puisque ce qui nous intéresse ici est la perception du cachalot en tant que sujet, personnage de l'histoire, appréhendé comme tel par un capiaine Achab qui voit en lui un alter égo. Moby Dick est un sujet individuel et un partenaire social, considéré comme son égal dans la vengeance qu'il poursuit.
Aurélie Célerier, elle, s'intéresse à la perception et à la communication chimique (stimuli
olfactifs, gustatifs...) chez les mammifères marins dans un contexte alimentaire et dans un contexte social. L'approche est expérimentale et pluridisciplinaire en intégrant des aspects
comportementaux, anatomiques et analyses chimiques.
Accompagnées de Céline Pibre à l'illustration, nos rencontres permettront d'aborder la partie scientifique de ce projet, traitée dans le texte avec des incursions d'un personnage scientifique qui explique nos connaissances actuelles sur les cachalot, à l'instar d'un Herman Melville insérant des parties d'explications scientifiques dans son roman; et traitée aussi dans une exposition sur panneaux à l'entrée des représentations.
Mise en scène
Le récit d’aventure est une marotte chez Belle Pagaille : création du spectacle dont vous êtes le héros « le voyage d’Abel Babel », récit initiatique dans la pampa de « Monique sur les crêtes » ou bien déambulation à la recherche de ces aventurières du 19e et 20e siècle dans « Exploratrices ».
Avec « Bleu comme la feuille de l’arbre », nous emmenions le public dans le récit brut du conte traditionnel.
Embarquer le tout public dans un récit épique nécessite de se mettre au service de l’histoire,
avec humilité. La vie à bord d’un baleinier, la vengeance métaphysique, l’épopée melvillienne sont suffisamment homériques pour ne pas en rajouter dans la dramaturgie. Il s’agira d’amener le souffle épique, l’intensité des personnages et la quête initiatique dans un spectacle épuré, presque radiophonique où la musique, les bruitages, le jeu et quelques accessoires nous transporterons dans les eaux profondes et la folie destructrice et terrifiante d’Achab et du cachalot.
Traitement des personnages :
Les 30 membres de l'équipage du Pequod apparaissent comme autant de peintures détaillées de types et de comportements humains
Pour rester au plus proche du récit, un travail d’écriture et d’adaptation est nécessaire pour interpréter à une seule voix les différents personnages de ce roman.
Un théâtre d'objet :
Des origamis faits en direct servent de support au récit : sur la table prennent vie cachalots, baleiniers, pirogues, voiliers et ce petit théâtre d'objet rend concret et spectaculaire les péripéties du récit.
Mise en scène : Jacopo Faravelli (Anonima Teatro)
Scénographie
- accueil du public avant la salle avec les panneaux illustrés sur les cétacés
- Une table avec tout ce dont on a besoin pour raconter l’histoire, incarner les personnages, jouer avec la lumière et les bruits.
Comédienne : Capucine Mandeau
Musicien : Frédéric Wheeler
Des instruments : Dan Bau (unicorde traditionnel d’Asie amplifié), guitare électrique, basse, accordéon, joué…
Création musicale
Le Dan Bau est un instrument qui reproduit à merveille le chant des cétacés, ce qui permettra une création musicale axée sur ce langage. Des enregistrements de chants de cachalots seront aussi mixés dans la création musicale. Un looper permettra de mixer les instruments étonnants utilisés par le musicien. Des bruitages en live et un hydrophone serviront de ponctuation au récit.
La basse donnera une atmosphère "rock indé" et ses grincements colleront à la folie du personnage.